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24/10/2009

Les fausses innocences

Coup de coeur de Fabienne Jay, bibliothèque des enfants, Carré d’Art, Nîmes.

 

fausses.jpg 1962, frontière belgo-allemande. Robert Müller, le bourgmestre de Niederfeld, se rend chez Wanda , une prostituée. Il croise, en pleine nuit,  le Dr Stembert, tombé en panne de voiture . Le médecin lui avoue qu’il a l’intention de quitter sa femme, Mathilda, pour une autre femme qui l’attend en Allemagne. Le Bourgmestre raccompagne chez lui le Dr Stembert et le persuade de rester avec sa femme. Le lendemain matin, Mathilda annonce, au commissariat, la mort de son mari en Allemagne, dans un accident.. Müller est persuadé qu’elle l’a tué mais il veut soustraire Mathilda de la justice car il est secrètement amoureux d’elle.

 Puis, le docteur réapparaît. C’est la stupéfaction et la confusion générale. Mathilda avait organisé des obsèques pour lui… Elle le repousse violemment et menace de se suicider s’il tente de l’approcher.  Le Dr Stembert trouve refuge chez la mère adoptive de Mathilda , la mère de Robert Müller. Le lendemain,  Robert apprend que le docteur est mort accidentellement dans le grenier. Cet accident lui rappelle alors la mort de son père tragiquement identique . Une révélation  pour Robert, sur ces deux morts, va ouvrir en lui un gouffre de désillusion profonde, de meurtrissure.

Un cauchemar. Mathilda est désormais vraiment en deuil. Robert tente alors de se rapprocher lui avouant son amour…

 

Un roman d’atmosphère d'Armel Job. L’histoire du pays pèse sur les hommes. Une sorte de malédiction s’abat sur  Mathilda jeune Allemande rescapée de la guerre. Le poids des secrets étouffe le lecteur. Un roman écrit de façon très sobre qui épouse la gravité du sujet. On découvre une situation ambivalente et douloureuse liée à la guerre. L’auteur explore la guerre sous l’angle de la  vie  au quotidien de personnages vivant sur une  frontière, entre la  Belgique et l’Allemagne, entre le bien et le mal. Il fait la description d’une micro-société marquée par une idéologie porteuse de valeurs. Le médecin est communiste et il est le seul du village à franchir la frontière sans ennui. Le malheur s’abat sur lui et sa femme Mathilda. Ils  perdent leur fille atteinte par la polio. Le bourgmestre est socialiste et il ne supporte pas le docteur…

Ce sont des hommes de combat, portés par un idéal déjà obsolète.

C’est une histoire aussi de femmes. Mathilda est doublement victime. Elle est Allemande et femme. Elle est meurtrie par la vie. Elle perd sa fille unique. Elle est trompée par un homme à qui elle a été toujours fidèle. Elle a été violée par son beau-père. Des destins croisés, des hommes et femmes qui passent à côté de ce qu’ils recherchent. Dès 16 ans.

 

Memor, 2007.  172 pages. 8,55 euros.

 

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