Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

03/01/2011

Coup de coeur : Nicholas Dane

Coup de coeur de Fabienne Jay, bibliothèque jeunesse, Carré d’Art Nîmes

Nicholas, 14 ans, mène une vie d’adolescent désinvolte entre sa passion de la musique, ses copains et ses sorties. Nicholas semble heureux jusqu’au jour où il apprend la mort brutale de sa mère par overdose ! Son avenir bascule alors dans l’incompréhension de la  violence.

Placé dans le fonicholas.jpgyer très fermé de Meadow Hill, Nicholas fait l’expérience de la brutalité et de la haine. Un lieu clos, sans contrôle où se produit les pires sévices. La fragilité des pensionnaires orphelins ou abandonnés les livrent en toute impunité à la brutalité systématique, la persécution et le viol  du personnel encadrant !

L'auteur Melvin Burgess dénonce le dysfonctionnement des services sociaux en Angleterre dans les années quatre-vingts, se traduisant par la négligence dans la gestion des dossiers à traiter, l’incompétence des éducateurs. Il fait aussi le constat d’un renoncement de la société à  l’égard de ces enfants.

L’auteur montre l’impunité de ces crimes organisés. Un état de fait insupportable car les auteurs de ces viols et disparitions représentent l’autorité ou les services de protection de l’enfance ! Nicholas va tout perdre. Après une fugue réussie avec son meilleur ami Davey, il plonge dans la petite délinquance. Il y prend goût. Jenny, la meilleure amie de sa mère tente de l’adopter,  un parent lointain de l’aider mais Nicholas a changé. Il s’en sortira très tard à l’âge de 27 ans en reprenant des études pour devenir éducateur ! Père de deux enfants, marié, il croise par hasard son persécuteur vieux de 70 ans accompagné encore d’un tout petit enfant. Les vieux démons ressurgissent.

Encouragé par sa femme, il dépose plainte ! Nicholas met un terme « à des actes ayant permis d’alimenter pendant des décennies les prisons en individus violents ». Jones, l’une des anciennes victimes de Tony Creal, tue sa femme Stella et se suicide. Melvin Burgess explique que pour Jones :  « La racine de la peur était la douleur et son fruit la colère. » et : « dans le cœur de Jones, c’est un enfant de 4 ans qui se blottit et appelle au secours. » Il montre comment la peur, la haine et l’amour ne font plus qu’un, comment ces sentiments prennent racine et détruisent un homme qui les a vécus dès son plus jeune âge. Il était irrécupérable. Nicholas, lui, avait connu l’amour de sa mère. Heureusement, :  « L’amour est partout, il suffit de savoir le reconnaître et le conserver. » 

Un roman poignant, courageux, exigeant, à lire à partir de 17 ans.

Gallimard, 2010. 394 pages.

Les commentaires sont fermés.