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04/01/2011

Les Folles aventures d'Eulalie de Potimaron, tome 1 : A nous deux, Versailles !

potimaron.jpgGabrielle-Evangéline-Eulalie de Potimaron est une jeune fille espiègle de la noblesse de province qui collectionne les jurons (comme Ventre -Saint-Gris et autre Mort de tous les diables !), aime se déguiser en garçon et s'entraîner à l'escrime. Mais voilà que sa vie insouciante de liberté va prendre fin avec la décision de son père de la confier à sa tante qui a ses entrées à Versailles. L'adolescente de 12 ans devient fille d'honneur de Mademoiselle d'Orléans, la nièce du roi Soleil. Eulalie, qui a amené avec elle son lapin, découvre les fastes de la Cour et avec eux, ses codes et ses règles de conduite très strictes. Ses drôles de moeurs aussi en côtoyant madame de Montespan, maîtresse de Louis XIV qui porte l'un de ses enfants. La toute jeune fille se lie d'amitié avec Gaétane de Sainte-Austreberthe, avec qui elle partage désormais sa chambre. Si la passion d'Eulalie est l'escrime, celle de Gaétane est la musique. Pendant que celle-ci fait ses gammes, Eulalie, qui revêt son costume de page pour sortir en toute discrétion, s'entraîne dans les combles du vieux château. Mais elle n'est pas la seule à s'y rendre... le Dauphin du roi, Louis de France, et sa troupe profitent aussi de la paix de cet endroit retiré. Après quelques tensions, Eulalie est acceptée par le groupe. Elle devient la confidente du Dauphin, secrètement amoureux de sa cousine, mademoiselle d'Orléans. Dans les combles, Eulalie découvre un tableau magique, dont elle réussira à percer le mystère...

Avec ce premier tome de sa nouvelle série Les Folles aventures d'Eulalie de Potimaron, Anne-Sophie Silvestre nous amène une fois de plus au coeur de Versailles, au temps du Roi Soleil. L'auteur y saupoudre une pincée de mystère avec cette étonnante histoire de tableau qui s'anime en présence de sang royal... un roman de cape, d'épées, d'amour et de magie, écrit avec une plume alerte, illustré par Amélie Dufour. Dès 10 ans.

C.B.

Père Castor, 156 pages. 12 euros.

03/01/2011

Coup de coeur : Nicholas Dane

Coup de coeur de Fabienne Jay, bibliothèque jeunesse, Carré d’Art Nîmes

Nicholas, 14 ans, mène une vie d’adolescent désinvolte entre sa passion de la musique, ses copains et ses sorties. Nicholas semble heureux jusqu’au jour où il apprend la mort brutale de sa mère par overdose ! Son avenir bascule alors dans l’incompréhension de la  violence.

Placé dans le fonicholas.jpgyer très fermé de Meadow Hill, Nicholas fait l’expérience de la brutalité et de la haine. Un lieu clos, sans contrôle où se produit les pires sévices. La fragilité des pensionnaires orphelins ou abandonnés les livrent en toute impunité à la brutalité systématique, la persécution et le viol  du personnel encadrant !

L'auteur Melvin Burgess dénonce le dysfonctionnement des services sociaux en Angleterre dans les années quatre-vingts, se traduisant par la négligence dans la gestion des dossiers à traiter, l’incompétence des éducateurs. Il fait aussi le constat d’un renoncement de la société à  l’égard de ces enfants.

L’auteur montre l’impunité de ces crimes organisés. Un état de fait insupportable car les auteurs de ces viols et disparitions représentent l’autorité ou les services de protection de l’enfance ! Nicholas va tout perdre. Après une fugue réussie avec son meilleur ami Davey, il plonge dans la petite délinquance. Il y prend goût. Jenny, la meilleure amie de sa mère tente de l’adopter,  un parent lointain de l’aider mais Nicholas a changé. Il s’en sortira très tard à l’âge de 27 ans en reprenant des études pour devenir éducateur ! Père de deux enfants, marié, il croise par hasard son persécuteur vieux de 70 ans accompagné encore d’un tout petit enfant. Les vieux démons ressurgissent.

Encouragé par sa femme, il dépose plainte ! Nicholas met un terme « à des actes ayant permis d’alimenter pendant des décennies les prisons en individus violents ». Jones, l’une des anciennes victimes de Tony Creal, tue sa femme Stella et se suicide. Melvin Burgess explique que pour Jones :  « La racine de la peur était la douleur et son fruit la colère. » et : « dans le cœur de Jones, c’est un enfant de 4 ans qui se blottit et appelle au secours. » Il montre comment la peur, la haine et l’amour ne font plus qu’un, comment ces sentiments prennent racine et détruisent un homme qui les a vécus dès son plus jeune âge. Il était irrécupérable. Nicholas, lui, avait connu l’amour de sa mère. Heureusement, :  « L’amour est partout, il suffit de savoir le reconnaître et le conserver. » 

Un roman poignant, courageux, exigeant, à lire à partir de 17 ans.

Gallimard, 2010. 394 pages.

29/12/2010

La vie extraordinaire des gens ordinaires

vie extra2.gifChaque chapitre de ce roman est une aventure en soi. A l'origine de ce livre, un homme que le narrateur appelle le poète. Ce dernier, condamné par la maladie, lui confie des textes, récits de ses rencontres avec des hommes et des femmes, aux quatre coins du monde. Tous sont très différents, mais ont en commun une passion folle ou un but ultime. Si bien que leur vie est devenue extraordinaire. Là, commence un  voyage captivant entre fiction et réalité. Le poète s'est donné une mission : montrer que la vie peut être encore plus étonnante que dans les romans. Menant son enquête, le poète se rend chez les personnes sélectionnées, pour recueillir leur témoignage. Au Népal, dans un endroit perdu, les "very important personne" s'attablent au Lalitchandra, le restaurant du cuisinier le plus inventif du monde dont le secret réside dans l'eau la plus pure qu'il soit. On y croise même le chanteur Liam Gallagher !  Dans une banlieue parisienne, les habitants d'un immeuble ont créé une cité solidaire. A New York, une jeune femme doit attendre que le dernier de sa centaine de chats, réincarnations d'écrivains célèbres, meurent pour toucher l'héritage laissé par sa grand-mère. Mais l'un d'eux est immortel... A Rome, notre écrivain voyageur partage le secret d'une famille : la présence d'un petit dinosaure dans les jardins... En Afrique du Sud, un vieil homme, respecté par tous les veliplanchistes, attend la vague ultime. Une vieille Canadienne de 103 ans, elle, a fait plusieurs voyages sur la Lune... 

Avec La vie extraodinaire des gens ordinaires, Fabrice Colin ouvre les portes d'une autre dimension. Les pages se tournent avec jubilation, tant on se réjouit de connaître la tournure que vont prendre les événements. Et chaque fois, la surprise est grande. On est happé par ces tranches de vie qui semblent si réelles tout en étant si étranges, si bien qu'on se demande si tout ça est bien le fruit de son imagination...  A savourer. Dès 14 ans.

C.B.

Flammarion. 224 pages. 13 euros.   

28/12/2010

Coup de coeur : Ma rencontre avec Violet Park

violet.jpgCoup de coeur de Fabienne Jay, bibliothèque jeunesse, Carré d'Art, Nîmes

 

Lucas Swain, 16 ans, vit avec sa mère Nicky, sa sœur aînée Mary et son petit frère Jed dans une vieille maison à Londres. Son père a disparu. Sa mère veut vendre la maison mais Lucas préfère attendre le retour de son père.

L'auteur Jenny Valentine raconte les affres de l’attente du père absent, disparu. Elle décrit une famille en souffrance. La rencontre extraordinaire avec Violet Park correspond  pour Lucas à une quête. Il mène une enquête qui le conduit sur des chemins de traverse. Il va découvrir le personnage de Violet et retrouver les traces de son père. Violet, qui devient une obsession pour Lucas. L’étrangeté de Violet demeure dans l’origine de sa découverte. Les cendres de Violet reposent dans une urne funéraire. Lucas s’attache à Violet oubliée. Il se pose beaucoup de questions sur la vieillesse, des questions qui ne l’effleuraient pas auparavant. Il se sent proche d’elle.

L’auteur par un glissement inattendu de la découverte du père,  de la possession de l’urne funéraire, investit le champ du mystère de la disparition.

Deux disparitions, deux personnes présentes dans l’imaginaire de Lucas. Au fil de sa démarche, Lucas découvre des traces de l’existence de Violet dans le quartier. Le dentiste possède un portrait en couleur d’elle. Son grand-père lui montre sa maison. Au cinéma, à la fin du film « Le piano magique » de Binkey , Lucas comprend en regardant le générique que les morceaux joués ont été exécutés par Violet. Et, l’ultime révélation vient du grand-père annonçant le projet d’écriture de son père ! Il connaissait très bien Violet.

Lucas dessine le portrait intime d’une relation. Son père et Violet signent un douloureux contrat. La disparition de Violet correspond à la « mort » de son père.

Un roman percutant dans lequel  Lucas expérimente la violence de la vérité. La recherche de l’identité de Violet mais aussi du père renvoie à une  épreuve initiatique. Un douloureux roman familial !

 

Ce roman à lire à partir de 13 ans a été sélectionné par le Prix Sorcière 2010. 

 

L’école des loisirs, collection Medium, 2010. 230 pages. 11 euros.

 

24/12/2010

Sélection Noël : Jésus, une rencontre en Galilée

jesus 2.jpgUne rencontre incontournable en cette période de Noël...

Mika vit dans un petit village de Galilée, quand le monde civilisé était sous domination romaine. L'une des trois régions, avec la Samarie et la Judée, qui compose à cette époque La Palestine. L'adolescent transporte les produits de ses parents à dos d'ânes pour les vendre, ici et là à travers ces territoires. C'est au cours de ses voyages qu'il va croiser différents personnages historiques, dont les hommes et les femmes qui suivent le nouveau prophète, Jésus de Nazareth. Un prophète comme il en existe d'autres en Palestine, divisée en différents courants de pensée religieuse. Sa remise en cause de points essentiels de la religion officielle lui attire la haine de certains et l'adoration des autres. Tels Marie de Magdala (Marie Madeleine), une prostituée que Jésus a délivrée de ses démons. Tels les pêcheurs Pierre et André. Ou ces femmes et ces hommes qui l'acclament de villes en villages. Mika va peu à peu prendre conscience de la naissance d'une nouvelle ère, tout en devenant un homme et trouver l'amour, sous les traits de la jolie Rachel. Si Mika, sa famille, ses amis sont des personnages inventés par l'auteur Pierre-Marie Braude, ce spécialiste du judaïsme ancien et des origines chrétiennes s'appuie sur des données historiques pour décrire les événements  de cette époque. Les paraboles et les paroles de Jésus, les miracles, sont tirés des Evangiles.  Le professeur émérite de l'université Paul Verlaine/Metz réussit à mêler fiction et récit historique pour un roman captivant, où l'on assiste à la naissance du christianisme. Dès 12 ans. 

C.B.

Casterman. 240 pages. 9 euros. 

22/12/2010

Sélection Noël : La Petite maison dans la prairie

petite maison.jpgUn classique de la littérature présenté dans un joli coffret...

On a grandi avec Laura, Marie, Carrie, Charles et Caroline Ingalls, héros de la série télé La Petite maison dans la prairie... tirée d'un des chef-d'oeuvre de la littérature américaine écrit par Laura Ingalls Wilder herself, pour raconter son enfance à la fin du 19e siècle. Avec ses parents, ses soeurs, et son chien Jack, la fillette va vivre le grand voyage des pionniers qui traversèrent les Etats Unis vers l'Ouest à la recherche de nouvelles terres dans les années 1870. Dans le premier tome (320 pages), les Ingalls s'installent dans une vaste prairie sur les territoires indiens, loin de toute civilisation. L'air y est pur, la nature grandiose. Là, Charles va bâtir une maison en bois, chasser, cultiver la terre... tandis que Caroline et ses filles s'occupent des taches ménagères. Une vie simple et difficile, et pourtant emplie de bonheur et d'amour. Une tranquillité menacée par des Indiens et des bêtes sauvages. Il leur faudra pourtant partir, abandonnant tout, sur décision des autorités. Dans le tome 2, revoilà notre petite famille sur les routes, posant leur malle dans un endroit plus paisible, dans le Minnesota, près du village de Walnut Grove, où les fillettes pourront enfin aller à l'école et rencontrer la peste Nelly Olson. Le tome 3 relate l'installation des Ingalls dans le Dakota, plus à l'Ouest, où Charles a trouvé un travail sur la ligne de chemin de fer.

Près de 1000 pages pour nous plonger dans une Amérique sauvage, où tout était à faire et l'espoir d'une vie meilleure était grand. Une écriture fluide et un récit réaliste que les jeunes lecteurs, dès 11 ans, comme les plus grands apprécieront. Les trois tomes sont présentés dans un coffret rétro et fleuri qui séduira d'avantage les filles, et même si  la narratrice en est une, c'est un témoignage sur la vie des pionniers fort instructif pour les amateurs du genre. Dès 11 ans.

C.B.

Flammarion, Père Castor. Coffret trois tomes 960 pages. 19, 95 euros. 

07/12/2010

Sélection Noël : Les Abécédaires Mots et Merveilles

abacédaire.jpgUn cadeau qui devrait séduire les ados et les parents...

Je vous parle d'un temps que les gens de vingt ans ne peuvent pas connaître... celui où l'on offrait des Abécédaires aux enfants sages, qui avaient bien travaillé à l'école ! Jean Duvallon, collectionneur passionné d'alphabets illustrés et retraité de l'éducation nationale, propose un recueil savant sur l'histoire de ces albums, cubes ou affiches, qui accompagnent les écoliers depuis des lustres. Avec elle, c'est à l'histoire des techniques d'impression et d'illustrations que l'auteur nous convie depuis la découverte de l'imprimerie et de la gravure sur bois jusqu'au tirage offset. Plus encore, ce magnifique livre richement illustré par des documents rares d'époque est un témoignage éclairant sur l'évolution de la société, de l'école, et de la place de l'enfant. Jean Duvallon raconte avec précision les différents  contextes historiques et politiques dans lesquels ont été produits ces Abécédaires aux thèmes variés : jeux, jouets, animaux, larmée, métiers, chanteurs d'opéra, colonies...  Un ouvrage de référence. Dès 12 ans.

C.B.

De Borée, collection Mémoire du temps. 192 pages. 26 euros.

14/11/2010

Tokyo ne dort jamais

tokyo.gifOn avait laissé le jeune Toshi alors qu'il découvrait le passé de sa mère et l'identité de son père, un oyabun, chef de clan yakusa (dans La Nuit des yakusas, lire chronique dans ce blog). Un an plus tard, le jeune homme de 17 ans décide d'entrer dans la mafia japonaise, en intégrant un camp de formation de yakusas. Parti à Tokyo, il a laissé sa mère et sa petite amie, auxquelles il a menti sur les véritables raisons de son départ. Avec un autre jeune débutant, Takeshi, il va peu à peu apprendre les règles de cet univers violent. L'heure est à la rivalité avec un gang chinois, qui fait passer des clandestins et de la drogue à Tokyo. Lors d'un affrontement avec les mafieux chinois, Toshi croit tuer l'un d'entre eux.  Les hommes de son camp le regarde désormais autrement, même si le jeune homme est torturé par ce qu'il a fait. C'est avec l'aide d'une jeune Chinoise, Jade, une clandestine dont il est tombé amoureux, que Toshi réussit à élaborer un plan pour vaincre les snakeheads, les cruels passeurs chinois. Mais le combat n'est pas terminé...

Avec Tokyo ne dort jamais, Anne Calmels nous fait entrer dans le monde sans foi ni loi des yakusas. Une initiation à la pègre japonaise en compagnie d'un jeune héros tiraillé entre son désir d'approcher le monde auquel appartient son père et ses valeurs humanistes. On attend la suite pour connaître le destin de Toshi ! Dès 14 ans.

C.B.

Père Castor, Flammarion. 128 pages. 10 euros.  

09/11/2010

L'Egypte ancienne pour les Nuls, juniors

egypte junior.jpgLa collection Pour Les Nuls s'étoffe encore avec cette Egypte ancienne pour Les Nuls, juniors, un ouvrage destiné aux 11-14 ans. Avec l'auteur Florence Maruéjol, docteur en égyptologie, professeur à l'institut Khéops et grande spécialiste de l'Egypte ancienne, le voyage aux temps des pharaons devient captivant. Avec son style simple et direct, l'égyptologue vous emmène à la découverte de ce vaste pays, de ses habitants, des mystérieux hiéroglyphes, de leur quotidien, de la politique, des dieux, de l'armée ou encore de leurs loisirs... 22 courts chapitres illustrés par des photos et des dessins en couleur, avec lesquels on plonge avec passion dans une civilisation fascinante. Dès 11 ans.

C.B.

First éditions. 396 pages. 14, 90 euros.  

06/11/2010

J'ai le vertige

Cinquante ans après les faits, l'auteur américaine Jennifer Roy raconte l'enfance de sa vieille tante juive, Syvia Perlmutter, qui a survécu dans le ghetto de Lodz en Pologne de 1939 à 1945. Elle décrit  le quotidien des familles juives, désormais parquées et portant l'étoile jaune. La soeur aînée de Syviavertige.jpg, Dora, a menti sur son âge, pour pouvoir travailler. Les Juifs qui travaillent ayant plus de valeur que les autres. Syvia, privée d'école, passe le temps en jouant avec ses deux amies, Hava et Itka. La fillette entend parler des horreurs qui se déroulent dans le ghetto : les soldats qui tirent sur des enfants, battent des vieillards, des femmes qui se jettent sur les barbelés... Et tous souffrent peu à peu de la faim et du terrible froid. Un jour sa copine Hava disparaît, d'autres enfants aussi. Syvia est obligée de rester enfermée. Puis arrivent le temps des déportations. Les gens reçoivent des convocations pour se rendre au train sans savoir vraiment où on les emmène. Itka et sa famille partent. En été 42, les Allemands demandent aux Juifs de leur confier les enfants et fouillent les appartements pour les envoyer dans les camps de la mort. Syvia sera cachée dans un cimetière, jusqu'à ce que les Allemands croient qu'il ne reste plus aucun enfant dans le ghetto.  En 1944, les déportations se poursuivent, mais une fois encore Syvia et sa famille en réchappe, grâce au courage de ses parents. Les derniers enfants du ghetto sont cachés pendant de longues semaines dans une cave. Découverts par les nazis, les enfants seront sauvés par la révolte des parents et de nouveau il faudra se cacher et échapper aux tueries jusqu'à l'arrivée des Alliés. Sur les 160 000 personnes enfermées dans le ghetto, il n'en reste que 800, dont seulement 12 enfants. Au lendemain de sa sortie du ghetto, le 19 janvier 1945, Syvia fête ses 10 ans.

En racontant ces événements du point de vue de la jeune Syvia - le récit est à la première personne et les phrases mises bout à bout sont courtes -, Jennifer Roy nous fait entrer de plain-pied dans l'horreur du ghetto. Malgré son jeune âge, elle n'a que 4 ans et demi quand elle entre dans le ghetto, Syvia comprend ce qu'il se passe. Aux petits événements banals du quotidien de l'enfance succèdent sans crier gare les terribles souffrances, l'angoisse, la peur... tout est dit, par la bouche d'une fillette grandie trop vite. Bouleversant. Dès 13 ans.

C.B.

Alice jeunesse. 211 pages. 12, 90 euros.

04/11/2010

Murmure à la lune

murmure.jpgAu début des années 80, Song-hwha, 11 ans, vit dans un petit village de Corée du Sud, non loin de la frontière avec celle du Nord. Orpheline de mère, morte en couches, elle n'a jamais connu son père. La fillette partage le quotidien de sa grand-mère, chamanesse. Une activité dont la fillette a un peu honte. Sa meilleure amie, Yeong-bun, et sa petite soeur ne sont pas bien loties non plus. Leur mère est partie, fuyant leur père alcoolique et violent. Celle-ci s'est réfugiée à Séoul dans de la famille, et quand le père est retrouvé noyé, les deux enfants doivent déménager, au grand désespoir de Song-hwha. Sa grand-mère, après des années de silence, décide de lui parler de son histoire. Mariée à 11 ans avec un homme de 18 ans de plus qu'elle, elle a vécu la colonisation par les Japonais, la partition des deux Corées, alors qu'elle vivait au Nord.  Cherchant à rejoindre son mari qui a fui vers le Sud, elle se perd dans la montagne, où son fils disparaît, et est sauvée par une chamanesse qui lui apprendra les rites. La grand-mère de Song-hwa retrouvera son fils, mais le perdra de nouveau quand il grandira. Un beau jour, devenu directeur d'une fabrique de jouets, il fait sa réapparition et emmène sa fille et sa mère à la ville. Pour une nouvelle vie...

Dans Murmure à la lune,  l'auteur coréenne Kim Hyang-yi évoque avec force les douleurs des familles déchirées. S'il est question de la partition de la Corée avec toutes les souffrances endurées encore aujourd'hui, l'auteur dresse avec justesse le portrait émouvant de femmes malmenées par la vie. Un roman d'une grande poésie, publié en août dernier dans la nouvelle collection de romans jeunesse chez Chan-ok (qui regroupe les textes coréens pour la jeunesse chez Flammarion), mais écrit en 1993. Murmure à la lune a été récompensé en 1994 par le prix littéraire Samseong en Corée, et vendu à 530 000 exemplaires. Un témoignage historique et intime écrit d'une plume délicate, servi par un beau papier et une illustration de couverture tout en finesse de Charlotte Gastaud. Dès 12 ans.  

C.B.

Chan-Ok. 192 pages. 10,90 euros.

02/11/2010

Chenxi et l'étrangère

chenxi.jpgOn est en 1989, quelque temps avant Tian' anmen, la révolte des étudiants chinois et la terrible répression qui la suivit. Anna White vient passer les vacances chez son père, un homme d'affaires australien, émigré à Shangai. Elle s'est inscrite aux Beaux arts où elle suit les cours de peinture chinoise dans une classe d'étudiants chinois. L'un d'entre eux, Chenxi, lui sert d'interprète et de guide. Très vite, la jeune fille de 18 ans est troublée par le mystérieux jeune homme. Avec lui, la blonde et nantie Australienne découvre les moeurs des Chinois, la ville et les problèmes politiques. Chenxi est le leader d'un groupe d'artistes dissidents, les loups rouges, qui utilise l'art comme une arme contre le régime communiste. Malgré les mises en garde d'un étudiant français, Laurent, conscient des menaces qui pèsent sur Chenxi, Anna ne se détourne pas du jeune Chinois. Elle en tombe même enceinte... Ce qu'elle ne sait pas, c'est que la servante de son père espionne ses faits et gestes, et notamment son journal intime. Anna retournera en Australie, quelques jours avant  Tian'anmem, le 4 juin 1989. De son aventure en Chine, elle décide d'écrire un livre.

 Pour écrire Chenxi et l'étrangère, l'auteur australienne Sally Rippin s'est inspiré de son propre vécu. Elle-même étudiante en peinture traditionnelle en Chine de 1989 à 1992, elle y avait rencontré un jeune artiste chinois, un de ses amis qui vit aujourd'hui en Europe, dont elle s'inspire pour donner vie au héros de cette histoire qu'elle a inventée.  Un roman hommage au Shangai qu'elle a connu, très réaliste, comme un voyage au coeur de la cité chinoise.  On suit les personnages dans les rues et les quartiers de Shangai, et avec Anna, on partage la vie des riches expatriés, on prend conscience des inégalités sociales, du racisme... Un roman politique, doublé d'une histoire d'amour impossible entre une belle fille de riche et un ténébreux artiste maudit. L'auteur décrit avec sensualité les premiers émois de la jeune fille, leur scène d'amour, et avec beaucoup de réalisme encore, l'épreuve du passage à l'hôpital quand Anna tombe enceinte.  Un roman qui sonne vrai. Dès 14 ans.

C.B.


Mijade. 288 pages. 12 euros.

18/10/2010

L'Afrikaner de Gordon's Bay

afrikaner.gifLa narratrice, Alice, une ado de 15 ans, et son père doivent rejoindre leur mère et femme en Afrique du sud pour les fêtes de Noël. Ethologue, celle-ci est bloquée au Cap car son collaborateur océanographe s'est fait "croqué" par un requin blanc. Plus de peur que de mal, mais une enquête est ouverte et les scientifiques, qui tentent de créer une réserve pour cette espèce menacée, ne comprennent pas les attaques soudaines de requins qui se produisent depuis quelque temps. Voilà notre héroïne partie vers l'Afrique, continent où elle avait vécu les premières années de sa vie. Là, elle va découvrir un drôle de trafic auquel se livre Durandt, un Afrikaner directeur de l'hôtel voisin de la maison où elle réside. Un homme violent et dangereux qui fréquente le sangoma - le sorcier - du township de Khayelitsha. Mzala, c'est son nom, est par ailleurs taxidermiste... et les bêtes qu'il empaille sont des espèces protégées, trophées de chasse de riches amateurs de safaris. Alice rencontre une jeune fille Josephina, qui apporte les peaux à Durandt. Son petit frère Benny est au service du sorcier. Alice comprendra peu à peu ce qui se trame, arrivera à sauver sa nouvelle amie et son frère, et comprendra pourquoi les requins blancs se sont soudain mis à attaquer les hommes...

Un roman entre aventure et enquête, écrit avec une plume alerte par le français grand voyageur Caryl Férey. On suit avec intérêt Alice dans sa découverte de l'Afrique du sud et de ses inégalités sociales persistantes malgré la fin officielle de l'Apartheid. Outre cette description réaliste du pays, l'auteur nous tient en haleine jusqu'au dénouement heureux de cette affaire de trafic d'animaux. Dès 10 ans.  

C.B.

Syros, souris noire, 127 pages. 5, 95 euros.

16/10/2010

David a du flair

david.jpgDavid a du flair, réédité chez Gründ, est paru pour la première fois en 1997. Pour cette nouvelle édition de son roman jeunesse, Jean-Hugues Oppel, auteur de polar pour les adultes,  a actualisé son récit. La bande de copains qui mène l'enquête possède aujourd'hui téléphones portables et appareil photo numérique. Pour le reste, il s'agit toujours de l'aventure de six filles et garçons, bien dans leurs baskets, qui partent à la recherche du chien de David Montembert, Chiroux, disparu un beau jour sans laisser de traces. Leur piste les mène vers l'ancienne ferme qui jouxte le stade, reconvertie en casse de voitures. Là, les ados comprennent que Chiroux a été enlevé pour être envoyer dans un grand laboratoire de recherches pharmaceutiques. Enfermés dans un camion où se trouvent des cages d'animaux, l'équipe de détectives en herbe est amenée dans le vaste bâtiment du laboratoire en question. Là, c'est le cauchemar. Les ados découvrent des chats et des chiens torturés, scalpés avec des électrodes dans la tête, les oreilles et les ongles arrachés. Vision d'horreur qui tranche avec le ton désinvolte de ces jeunes d'aujourd'hui. Ouf, Chiroux sera sauvé d'un destin tragique et tout se terminera autour d'une bonne blanquette de veau mitonnée avec amour par le père de David. On soupçonne l'auteur d'être amateur de ce bon petit plat, il en donne même la recette en fin d'ouvrage ! Tout comme il propose une grille de mots croisés dont raffole aussi le père de David.  

Les jeunes ados s'identifieront sans doute à cette bande de copains aux personnalités bien affirmées et aux surnoms impayables. Une enquête qui tient en haleine jusqu'au bout, des personnages bien campés, un langage truculent, un thème -les expériences sur les animaux - qui fait toujours autant bondir...  ce David a du flair n'a pas pris une ride ! Bien senti... dès 10 ans.

C.B.

Gründ poche. 210 pages. 6, 90 euros.

06/10/2010

L'heure des chats

heure chats.jpgElise, la jeune narratrice de L'heure des chats, vit dans un petit village de montagne au sud de la France. Avec son amoureux Basile, elle passe ses dernières grandes vacances avant de rentrer au collège en internat. Les "grands" du village qui y sont déjà en reviennent bien changés avec leur langage bizarre, leurs moqueries, et leurs préoccupations nouvelles. Des ados quoi ! Basile va d'ailleurs peu à peu franchir le pas et devenir ami de l'un d'entre eux. Délaissant Elise, il se met à la récolte de ces plantes magiques dont les "grands" raffolent... Du cannabis qu'ils trouvent dans le jardin d'une très vieille dame, surnommée "la vieille aux chats", ou encore Mamie Rasta. Une solitaire sur laquelle de sombres rumeurs circulent. Jeune aide-soignante pendant la guerre, elle aurait tué des gens et même son mari, l'ancien maire du village. Angèle, c'est son nom, a trouvé compagnie auprès des chats abandonnés du cimetière. D'abord méfiante et craintive, Elise va peu à peu se rapprocher de la vieille dame, qui lui confie un chaton, et percer le mystère de sa vie et par là même, découvrir les relations nouées entre son propre père et Angèle...

Myriam Gallot retrouve ses émotions de fillette de 10 ans pour donner vie à l'héroïne de son roman. Elise, une fillette attachante et sensible qui vit les derniers jours de son enfance avant de basculer dans l'adolescence. L'auteur décrit avec réalisme l'ambiance d'un petit village, ses ragots, ses secrets, ses histoires de famille. On s'attache aussi à "la vieille aux chats", cette veuve retirée du monde, sur laquelle court d'infames ragots. Un roman sur la tolérance, la vérité et l'amour des siens et des chats ! Dès 10 ans.

C.B.

Syros, collectrion Tempo. 160 pages. 5, 95 euros.   

21/09/2010

La ballade de Trash

Nous sommes au début du 22e siècle, trash.jpgdans la région parisienne. Les habitants sont divisés en deux mondes : les Euraz qui vivent dans des villes protégées de la pollution et du chaos par de grandes bulles et les membres des gangs, violents, qui survivent à l'extérieur.  Mieux vaut pour eux ne pas être attrapés par les bleus, les policiers euraz. Les jeunes prisonniers finissent dans la Beauce, à trimer jusqu'à la fin de leurs jours. Pire, ils deviennent des cobayes dans des laboratoires secrets. Dans ces banlieues en ruine où règne la loi du plus fort, Trash, Euraz qui a fui un père pervers, a créé sa bande, les Tramps, composée d'enfants et d'ados à la dérive. Trash est contaminée par le Nada4, une maladie qui conduit peu à peu à la folie et à la violence meurtrière, qu'elle soigne à coups d'injection d'AzTc114. Avec son adjoint à la puissance colossale Junk, la jeune fille qui use avec dextérité de son razor- une lame redoutable - décide d'accepter le rendez-vous fixé à toutes les bandes par Markus. Ce dernier, chef de la plus grosse d'entre elles, veut signer une trêve. Méfiants, les Tramps trouveront une alliée inattendue en la personne de Seize, rencontrée dans les bas-fonds parisiens. Une étrange jeune fille aux cheveux blancs et aveugle, qui "sent" tout ce qui se passe dans l'obscurité et peut voir à travers les yeux des autres en les touchant. Prévenus à temps, les Tramps arrivent en partie à se sortir du guet-apens tendu aux bandes organisées par les Bleus. Pour retrouver leurs compagnons et comprendre la sombre machination à laquelle de hauts responsables des Euraz sont mêlés, Trash et ses compagnons devront franchir les portes de la Bulle...

Dans  ce roman d'anticipation post apocalyptique, Jeanne-A Debats crée une société dans laquelle la violence est omniprésente, la liberté bafouée, l'injustice permanente. Même si la vision d'un futur où le monde civilisé et totalitaire est protégé de l'extérieur par des bulles géantes n'est pas nouvelle, l'univers sans foi ni loi campé par l'auteur est d'un grand réalisme. On se laisse aisément entraîner dans cette aventure futuriste, où les personnages sont attachants, l'héroïne d'une séduction fatale, et l'univers des gangs redoutable. Dès 13 ans.

C.B.

Soon, Syros. 304 pages. 16, 20 euros.

16/09/2010

Sans vérité

sans vérité.jpgUne nuit, dans une rue de Paris, le père de Denis Craver est retrouvé mort. Frappé par quelqu'un et tué sur le coup par sa chute. C'est alors que commence pour le jeune homme, féru d'informatique et de jeux vidéos, une quête qui le mènera sur les traces de Patrick, son demi-frère, de 17 ans son aîné, et dont la mère est morte dans des circonstances étranges. Et si l'enfant qu'il était adorait ce grand frère, parti soudainement du domicile, Denis retrouve là un homme en marge, traqué, qui fricote avec le grand banditisme. Passionné par les films noirs des années 60, et son univers de voyous ténébreux, Denis mène l'enquête pour comprendre les causes de la mort de son père et les raisons de la haine tenace que Patrick voue au défunt. Dans ce monde de la nuit qui lui est totalement étranger, Denis croisera des personnages inquiétants et violents, membres d'un réseau international de trafic de voitures, et une jeune femme paumée, petite amie de son frère.

Dans ce polar écrit d'une plume trempée dans l'encre noire, Dominique Forma, metteur en scène de Scenes of the crime (La loi des armes, 2002) avec Jeff Bridges et Noah Wyle et auteur, nous plonge dans le milieu des bandes organisées d'aujourd'hui, avec leurs ramifications et leurs codes. Un roman noir, le premier de l'auteur destiné aux ados, bien ficelé et très réaliste. Dès 14 ans.

C.B.

Syros, collection Rat noir. 192 pages. 11, 20 euros.

15/09/2010

Le crime de la pierre levée

crime de la pierre levée.jpgEn ce jour de printemps 1101, Bruna, une jeune bergère orpheline, quitte son grand-père, Aloïs le guérisseur, et son frère pour aller travailler chez le seigneur du château de Roquemaure et pourquoi pas faire un bon mariage, comme l'espère sa marraine Annette. Au château, elle est affectée aux cuisines, aux côtés de la joviale Francette. Elle y rencontre Florent, le jeune bedeau du père Barberin, un prêtre inquiétant. Bruna apprend que celle qui la précédait a été retrouvée morte, à moitié dévorée par les loups, non loin de la Pierre levée, à laquelle on attribue des pouvoirs magiques, comme celui de guérir des blessures, de la stérilité et des infirmités. Et ce n'est pas le seul cadavre retrouvé à cet endroit. Des soupçons de sorcellerie pèsent sur ces macabres découvertes. Peu à peu Bruna noue de tendres liens avec Florent, et s'inquiète de la surveillance d'un étrange individu au regard glacial, Oskar le Germain, un mercenaire du seigneur. Au lendemain de la fête de la Saint-Jean, une autre jeune fille est retrouvée morte. Un mendiant est accusé du meurtre et emprisonné. C'est sans compter la ruse du seigneur. Le vrai coupable sera démasqué. Contre toute attente.

 Catherine Cuenca réussit à tenir le lecteur en haleine jusuq'aux dernières pages de ce polar moyenâgeux. Pas d'enquête menée mais des événements qui mènent peu à peu vers le dénouement. Le jeune lecteur s'identifiera aisément aux jeunes personnages et devrait être séduit par l'atmosphère trouble qui y règne, entre magie, loups et rencontres inquiétantes, à une époque où la religion et la superstition sont omniprésentes. Dès 11 ans.

C.B.

Père Castor, Flammarion. 128 pages. 5, 50 euros.   

31/08/2010

Quand le coeur s'arrête

Dans une longue lettre, adressée à son tout nouvel ami, le narrateur, un jeune brésilien de 15 ans, confie aimer trois choses : Paloma, le skate, qu'il pratique avec son nouvel ami, et essayer de comprendre pourquoi les choses arrivent d'une certaine manière et pas d'une autre.quand-le-coeur-s-arrete_couv.jpg Ce qu'il adore dans le skate, c'est la vitesse à laquelle vont les choses, ni trop lente, ni trop rapide, la vitesse raisonnable du monde. Ce n'est pas comme ces gens pressés qui vivent à Rio, la ville que le narrateur explore sur son skate dans toute sa démesure. Parfois, le coeur de cet adolescent rêveur et philosophe s'arrête de battre, comme en ce petit matin sur la plage où il a rencontré Paloma. Mais cette autre nuit, celle de son aniversaire, il aurait voulu que son coeur lui fasse mal pour qu'il se sente vivant. Son nouvel ami a eu un accident et a été conduit à l'hôpital dans le coma. Le narrateur lui écrira pendant six jours sur l'odinateur de Paloma, jusqu'à l'issue, fatale.  

Avec une grande sensibilité, l'auteur Adriana Lisboa, figure montante de la littérature brésilienne, accompagne un ado dans sa quête de sens. Ses questions existentielles, ses observations du quotidien dans la vaste Rio, prennent une toute autre dimension après l'accident de son ami. Un roman sous forme de lettre à portée philosophique, qui ouvre les yeux sur la valeur de la vie et la nécessaire attention à ce qui en fait sa beauté. Fort et émouvant. Dès 13 ans.

C.B.

La Joie de Lire. 105 pages. 13 euros.

07/08/2010

Black Saphir

black saphir.jpgIl s'est passé quelque chose entre Saphir et le garçon dont elle est amoureuse, Quentin. Quelque chose qui a cassé leur amour naissant. Depuis, les deux ados marseillais ne se parlent plus. Pire, Quentin n'est plus le même. Même Charlène, la meilleure amie de Saphir n'arrive pas à savoir. Ce quelque chose a un nom : le racisme, auquel la jeune Mahoraise est confrontée, tout comme son amis Younès. Saphir a la peau noir, métisse. Fille d'un instit blanc et d'une Mahoraise, connue là-bas à Mayotte. Traitée de Négresse par le père de Quentin, la jeune fille a du mal à s'en remettre, elle se réfugie dans son blog, dans sa collection de pierres et se souvient de ces années d'enfance passées à Mayotte. Des flashbacks grâce auxquels on est plongé dans la culture et les traditions de cette île française de l'Océan Indien. Pour se venger, Saphir décide de sortir avec un autre garçon, mais là encore ça ne se passe pas bien.  Il faudra toute l'amitié de Charlène et de Younès, et leur intelligence pour comprendre la conduite de Quentin. Et éviter une belle bêtise.

Dans Black Saphir, Marc Séassau parle du racisme ordinaire, vécu par des ados bien dans leurs baskets. La violence est ici celle des mots et des regards hostiles, celle de Quentin par jalousie amoureuse. Un style simple à la portée des jeunes ados. Dès 12 ans.

C.B.

Seuil.  106 pages. 7, 50 euros.