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10/07/2010

La nuit des yakuzas

Toshi a passé ses vacyakuzas.jpgances à la campagne chez ses grands-parents. Quand il rentre chez lui, d'inquiétants personnages l'attendent, sa mère a disparu. Très vite, il comprend que ça ne sent pas bon et s'enfuit. Et c'est en effet à un enlèvement qu'il vient d'échapper, sa mère n'a pas eu cette chance. Toshi fait alors appel à un camarade et à son étrange frère, "otaku", un ermite qui ne sort jamais de chez lui et est en permanence branché sur son ordinateur. Grâce à lui, l'adolescent trouve refuge chez un vieil homme, et, alors que l'otaku mène l'enquête, il apprend peu à peu l'histoire de sa famille : le passé trouble de sa mère, ses liens avec la mafia japonaise... Des yakusas qui retrouveront Toshi et le conduiront près de sa mère. Prisonnier, il apprendra le fin de l'histoire, de son histoire.

Dans son premier roman, La Nuit des yakuzas, Anne Calmels dresse un portrait réaliste du Japon moderne, avec sa technologie, ses traditions et sa mafia. L'auteur nous tient en haleine jusqu'au bout, en nous promenant dans une ville, Kyoto, écrasée par la chaleur estival, avec un ado traqué et perdu. C'est avec lui qu'on dénoue le noeud de son histoire familiale, où s'affrontent l'amour, la violence et le mensonge. Une enquête policière doublée d'un voyage initiatique.  Dès 11 ans.

C.B.

Flammarion (2009). 216 pages. 10 euros.  

08/07/2010

Biture express

biture.gifUn roman à lire absolument avant de laisser son ado faire la fête. Dans Biture express, ces ados-là sont comme tous les autres. En vacances dans un camping du Roussillon avec leur famille. Plus ou moins bien dans leur peau comme ils le sont tous. Sarah, 15 ans,  n'a pas de problèmes : ni parents divorcés, ni chômage dans sa famille, ni de maladie grave... ce n'est pas le cas de son ami Lucas. Pourtant c'est elle qui tous les soirs boit en se mettre la tête à l'envers. Dès les premières pages de Biture express, on ressent un profond malaise. Après une grosse cuite, Sarah se réveille dans sa tente, les jambes à l'extérieur, la culotte sur ses chevilles. Son téléphone portable a disparu. Trou noir. L'ado tente de savoir si quelqu'un a abusé d'elle, ivre morte, sans éveiller les soupçons. Personne ne peut lui dire comment elle a terminé la soirée. Ca ne l'empêche pas de recommencer le lendemain soir. Autre soirée avec la bande de copains du camping, autres verres, autre perte de contrôle. Sa soeur Gaby, plus jeune, est dégoutée par cette grande soeur qu'elle trouve si laide quand elle a bu. Car Sarah boit. Et pas qu'un peu. Ca a commencé pendant l'année scolaire lors d'une soirée avec une copine. Depuis, l'ado trouve dans l'alcool le moyen de se désinhiber. Trop. Saoule, elle se laisse faire par les garçons, ou les hommes plus âgés. Au camping, les parents ne voient rien. Eux aussi font la fête et n'hésitent pas à lever le coude. Pas grave, c'est les vacances. Chacun sa vie. Et le drame se produit. Terrible.

Florence Aubry, prof documentaliste en collège installée près de Narbonne,  se met dans la peau de Sarah et de Gaby pour décrire cette descente aux enfers d'une ado comme toutes les autres. Elle aborde sans tabou ni détour cette mode du binge drinking (boire le maximum d'alcool en un minimum de temps). Et ne nous passe rien, les vomissements, les humiliations, l'obligation de boire pour faire partie du groupe. Ses mots sont ceux des ados d'aujourd'hui, violents et directs. Non dénués d'humour parfois. On sort de Biture express sonné, et prêt à redoubler de vigilance... Dès 13 ans.

C.B.

Mijade. 192 pages. 8 euros.

04/07/2010

Vipère masquée

vipère.jpgLou Kerval est une ado à la personnalité bien trempée, toujours affublée de ses bottes en peau de zèbre et de tenues originales. Une jeune fille bien dans ses baskets entre des parents musiciens sur les bateaux de croisière - et donc souvent absents - son oncle russe, Constantin Pitakof, un ex flic qui tient une boutique d'antiquités, le Samovar, et son meilleur ami-amoureux Stanislas O'Connor, petit génie de l'informatique. Même s'il a quitté la police, Constantin est toujours en contact avec ses anciens collègues pour leur donner un coup de main. Cette fois, c'est une bien étrange affaire qui frappe la petite ville bretonne de Port d'Amar. On a retrouvé un dessin de serpent sur le mur d'une maison. Jusque-là rien de bien grave. Sauf que le même dessin a été retrouvé à Paris et Lyon quelques jours avant des meurtres surprenants. Les victimes, des femmes, ont été tuées avec du venin de serpent, et tatouées avec le même dessin. Le tueur en série aurait-il trouvé une nouvelle cible à Port d'Amar ? Bingo ! Pomme Daumier, la documentaliste du lycée de Lou, avec qui elle avait justement sympathisé peu avant, est retrouvée assassinée, du venin dans les veines, un serpent dessiné sur le bras. Une bien étrange affaire à résoudre. En parallèle de la police, Lou et Stan vont mener leur enquête et découvrir la vie cachée de Pomme et d'autres personnes qu'ils connaissent très bien...

Vipère masquée, suivie dans le même volume d'un autre épisode de la série des enquêtes du Samovar - créée en 2003 par Marie Berherat - L'affaire Cornélius, est baigné dans une atmosphère particulière, dans ce petit port breton où rôde un tueur au venin redoutable. L'auteur fouille la psychologie de ses héros, des personnalités pittoresques et des personnages secondaires noirs et mystérieux. L'intrigue est bien troussée, le suspens bien mené jusqu'aux dernières pages. Un bon petit polar ! Dès 10 ans.

C.B.

Mango jeunesse. 304 pages. 9 euros.

27/06/2010

Un cri dans la forêt

cri dans la forêt.jpgMarin Ledun, auteur de polar, se lance dans les romans  jeunesse. Pari réussi avec ce Cri dans la forêt, paru dans la collection Souris noire chez Syros, qui commence par une gentille chasse aux champignons entre deux copains d'enfance, Antonin et Lucas. Si les deux jeunes ados ont la permission de 18 h, ils ne doivent pas franchir les limites que leurs parents leur ont données. Et bien sûr, la tentation est trop forte de pénétrer dans la sombre forêt. Antonin et Lucas s'enfoncent peu à peu pour remplir leurs paniers, et ce qui devait arriver arrive. Les voilà perdus. Au détour d'un chemin, ils découvrent un lac, et, en son centre, une île mystérieuse vers laquelle rame un homme à la mine patibulaire, à bord d'une barque. Serait-ce ce fameux chasseur fou qui, selon les histoires du village, a disparu dans la forêt sans laisser de traces ? Des cris effroyables se font soudain entendre et l'homme transporte un être vivant dans un grand sac. Le sang des ados ne fait qu'un tour et leur imagination va bon train... d'autant qu'ils reconnaissent le boucher du village, pas spécialement connu pour son air jovial. Les deux gosses perdent leur sang froid quand le boucher revient, le tee-shirt maculé de sang... et s'il s'en était pris à sa fille, dont Lucas est secrètement amoureux ?

En maître du suspens, Martin Ledun tient le lecteur en haleine jusqu'aux dernières pages de ce roman où la tension va crescendo. On craint le pire, et comme les ados, on imagine une fin plutôt "gore" ! Ouf, Un cri dans la forêt reste un roman pour les jeunes. Dès 10 ans.

C.B.

Syros, collection Série noire. 5, 95 euros.   

25/06/2010

La préférée

préférée.gifSouvent Emma, 12 ans, rêve que ses vrais parents ne sont pas les siens, qu'ils viendront la chercher et qu'enfin elle serait enfant unique, qu'elle n'aurait plus honte de sa petite soeur Aliénor. La fillette de 6 ans est autiste et au moindre stress, elle pique une crise, n'importe où. A cause d'elle, la famille a déménagé à Paris, pour qu'elle puisse être mieux soignée. Sa mère a laissé tomber ses leçons de piano pour se consacrer à la petite dernière. Son père, lui, se réfugie dans le travail. A l'école, les autres se moquent d'Emma qui vient de la campagne. Et la jeune ado fait tout pour leur cacher l'existence de sa soeur. Elle ne supporte plus le regard et les remarques des gens sur sa petite soeur, ne supporte plus de ne pouvoir vivre comme les filles de son âge. Alors quand sa mère décide d'emmener Aliénor au concours de piano qu'Emma doit passer, sans compter qu'il y aura aussi toute sa classe dans la salle, cette dernière décide de s'enfuir. Elle se rend dans un petit jardin près de Notre-dame-de-Paris et fait la rencontre d'une vieille dame qui va l'aider à prendre la bonne décision.

Dans La préférée, proposé dans une nouvelle édition illustrée par Sibylle Delacroix, Sylvaine Jaoui se met avec subtilité dans la peau d'une adolescente de 12 ans en mal d'affection. Une ado qui se croit rejetée par ses parents à cause de sa petite soeur autiste. Un récit sur le courage d'affronter le regard des autres et un appel à la tolérance. Dès 10 ans.

C.B.

Casterman junior. 75 pages. 8, 75 euros. 

18/06/2010

Chaka Zoulou, fils du ciel

zoulou.jpgC'était aux temps où personne ne jouait encore au foot, où il n'y avait pas de coupe du monde - ni le bruit assourdissant des vuvuzelas (...) - et d'ailleurs pas de pays nommé Afrique du sud ! En ce temps-là, en 1789, alors que les Boers hollandais étaient déjà installés au Cap depuis 1650, naquit Chaka, premier fils et héritier du chef Senzangakona et de la jolie Nandi. Une naissance que jalousent les autres femmes du chef. A tel point, que l'enfant et sa mère doivent s'enfuir vers un autre village. Ce qui n'empêchera pas les brimades et les vexations des autres enfants sur Chanka. Jusqu'au jour où sa mère fait appel à une féticheuse. L'enfant prend alors du poil de la bête !  Un autre lui donnera la médecine pour posséder le pouvoir, la souveraineté et accomplir son oeuvre de vengeance. Lorsque, des années plus tard, son père meurt, Chaka devient roi. Les guerres entre tribus redoublent. De victoire en victoire, Chaka fonde la nation zouloue, qui rassemble tous les royaumes, chefferies et ethnies. Un grand peuple désormais rebaptisé "zoulou" qui signifie "fils du ciel". Une unité bien utile pour combattre les envahisseurs blancs étrangers. Mais la discipline de fer que fait régner Chaka au sein de son armée, son inflexibilité et sa cruauté -il n'hésite pas à mettre à mort les guerriers qui ont perdu leur sagaie au combat - soulèvent un vent de révolte. Le roi des Zoulous est en proie à la folie, et bientôt sonnera la fin de son règne...  

Avec Chaka Zoulou, fils du ciel, Lilyan Kesteloot, chercheur spécialisée dans la littérature africaine, revient sur la création du peuple zoulou, à travers son père fondateur. Un héros pour les Africains, qui a inspiré des écrivains, tel Senghor. Entre épopée mythique et plongée ethnologique dans l'Afrique du 19e siècle, illustrée par les dessins ethniques d'Emilie Seron, un récit captivant, que l'on lit d'un trait, les yeux perdus dans les grandes étendues africaines. Dès 10 ans.

C.B.

Casterman. 96 pages. 7 euros.

12/06/2010

Après Gandhi, un siècle de résistance non violente

gandhi.jpgAlors que la Coupe du monde de foot est lancée en Afrique du Sud, et que l'on entend parler de l'apartheid et de Nelson Mandela, on peut se plonger avec grand intérêt dans Après Gandhi, un siècle de résistance non violente, un ouvrage sorti en avril chez Le Sorbier. On y retrouve par ordre chronologique les grandes figures qui ont lutté durant les 100 dernières années contre les injustices et l'oppression. Et en premier lieu, Mohandas Gandhi, jeune avocat indien, qui commença sa carrière à ... Johannesburg en Afrique du sud. C'est là qu'il fut victime de discrimination et décida d'exercer sa profession pour aider ses concitoyens, notamment contre une loi qui obligeait les Asiatiques à se faire enregistrer. C'est en Afrique du sud qu'il élabora sa tactique et définit sa philosophie, le satyagraha, la force de la résistance active non violente contre l'injustice. En 1908, après un rassemblement, lui et ses partisans brûlèrent leurs papiers d'enregistrement. Jusqu'à son départ pour l'Inde en 1915, il vécut dans un ashram, communauté religieuse où tout le monde se partageait le travail. En Inde, le Mahatma "le grand homme", poursuivit sa lutte avant son assassinat en 1948 par un hindou.

Après Gandhi, l'illustratrice Anne Sibley O'Brien, militantes pour de nombreuses causes, et son fils Perry Edmond O'Brien, objecteur de conscience après avoir servi dans l'armée américaine en Afghanistan, dressent le portrait, accompagné d'illustrations au fusain, d'une quinzaine d'hommes et de femmes résistants à travers le monde à toute forme de discrimination et d'injustice. De très connus, comme Rosa Parks, Aung san Suu Kyi ou Vaclav Havel, et de moins célèbres mais au courage tout aussi admirable, les mères de la Place de Mai en Argentine, Wangari Maathai au Kenya, ou Mairead Corrigan et Betty Williams en Irlande du nord. L'Afrique du sud encore avec sa figure emblématique Nelson Mandela, et Desmond Tutu. Un documentaire, publié en partenariat avec Amnesty international, pédagogique et très bien conçu qui donne une belle leçon de courage. Dès 10 ans.

C.B.

Le Sorbier. 176 pages. 18 euros.

08/06/2010

Complètement givrés

Quand un jeune héros rengivrés.pngcontre un scientifique, c'est une palpitante aventure qui commence.  Ce personnage courageux se rendra jusqu'en Sibérie sur les traces du mammouth laineux, dans le cadre d'une enquête de l'Unesco, et devra affronter de  cupides malfrats... Alléchant, d'autant plus que ce jeune héros, c'est votre ado préféré !  Complètement givrés est le nouveau roman personnalisé (d'autres ont déjà paru, voir chronique dans Les P'tits lus) des éditions interactives nîmoises Comedia. Vous transmettez des données à Comedia, via leur site internet, - nom et âge de l'ado, celui de son meilleur ami, d'une personne de la famille... - et ces éléments sont insérés dans le roman de  Stéphanie Guépin. Même la couverture est personnalisée avec une photo du héros, du (des) coauteur(s), leur biographie... Un cadeau sympa et original à faire aux 10-14 ans.

C.B.

monroman.com. 140 pages. 33 euros

01/06/2010

Si Dieu le veut - Inch'Allah

si dieu.jpgFabre vit paisiblement entre son père Bertrand, Mathilde, petite orpheline devenue servante, et frère Aubin, un moine qui le connaît depuis son enfance. Orphelin de mère, Fabre aide son père à la forge, sur l'île de la Cité à Paris. Une  vie bien rythmée qui va être bouleversée par l'annonce de la venue du pape Urbain à Clermont. Fabre et frère Aubin décident de prendre la route du sud pour rencontrer le saint père, qui demande aux Chrétiens de prendre les armes pour partir en Croisade. C'est un drame qui va les pousser à se joindre aux Croisés. Bertrand, entraîné par la foule, a participé au massacre de juifs. Pour se laver de ses péchés, il prend le chemin de la terre sainte, accompagné de son fils et du moine. Ce dont ils ne se doutent pas, c'est que la petite Mathilde est du voyage...  Après une longue route où ils seront confrontés à une pénible épreuve, les pèlerins s'embarquent à bord d'un bateau qui fait naufrage. Nos héros sont séparés et Fabre est sauvé par des Sarrazins. Devenu esclave, il apprend peu à peu à connaître la culture et la religion musulmanes.  Il comprendra pourquoi Jérusalem est aussi vénérée par les Musulmans. C'est là que de la grande mosquée d'Al-Aqsa, le prophète Mahomet est monté au ciel sur son cheval. Fabre est surpris du savoir et du raffinement de ces Sarrazins qu'il pensait être des ennemis. Médecine, astronomie, livres... le petit Français a bien des choses à connaître. Même l'amour qu'il rencontrera en la personne de la belle Nour, dans une famille de bédouins qui l'a recueilli. Mais les temps sont à la guerre et aux massacres. Chrétiens et Musulmans s'affrontent dans de terribles batailles. Fabre retrouvera Mathilde et frère Aubin, et vivra avec eux l'interminable siège d'Antioche, la famine, les morts par milliers,  la folie des hommes... l'arrivée à Jérusalem.

Avec Si Dieu le veut-Inch'Allah, l'historienne Anne Pouget, spécialiste du Moyen Âge, nous plonge avec force détails et références historiques aux temps de la première Croisade. Une leçon d'histoire épique, qui se dévore avec un plaisir certain en suivant les aventures de Fabre, jeune homme intelligent et tolérant. On (re)découvre les raffinements et la richesse de la société musulmane d'alors. Un roman didactique truffé de précisions sur le quotidien, la nourriture, le savoir d'un peuple qui maîtrisait toutes les sciences. En fin d'ouvrage, un petit dossier est bien utile pour se remettre dans le bain de l'histoire. Dès 13 ans.

C.B.

Casterman. 256 pages. 11 euros.

26/05/2010

Terre noire, les héritiers du secret

terre noire tome 3.jpgEnfin, le ténébreux Stepan Tchakarov va pouvoir accomplir sa vengeance. Après ses exils successifs, Toscane, France, Egypte, Etats-Unis, le compositeur russe déchu, revient sur sa terre natale, appelé à la rescousse par Tanya, la fille de Natalia, son amour de jeunesse (lire chronique des deux précédents tomes dans les P'tits lus). Dans ce troisième et dernier opus de la trilogie de Michel Honaker, Stepan, avec ses 20 ans de plus, ne réapparait qu'après maintes péripéties (on attendra presque 200 pages pour retrouver notre héros). Il faudra d'abord assister à la fuite de Vladimir, le frère fou de Natalia, de son hôpital psychiatrique, et à la menace qu'il fait peser sur sa soeur et ses enfants. Haineux et dangereux, il fera tout pour récupérer les biens  et le palais des Danilov. Dans sa folie et sa soif de vengeance, Vladimir se rapproche de Raspoutine, être malfaisant redouté et admiré par la famille du tsar. Un homme aux prétendus pouvoirs qui a réussi à mettre de son côté une partie de la noblesse. Tchakarov arrivera à temps pour sauver la femme qu'il aime et ses enfants, pour fuir vers Terre noire, son domaine ukrainien. Et se préparer au combat final... Un troisième tome toujours aussi efficace dont l'action se situe dans une Russie de 1907 en proie aux troubles, un empire à l'aube de la révolution. L'auteur, fidèle ici encore au style épistolaire, mêle avec brio événements historiques et aventures romanesques. Un régal ! Dès 12 ans.

C.B.

Flammarion. 324 pages. 13 euros.

16/05/2010

Asfour le devin

asfour.jpgRien ne prédestinait Asfour, un pauvre petit khammès (ouvrier agricole) de la campagne tunisienne à côtoyer un jour le sultan et devenir un homme riche et respecté.  D'autant que le riche fermier qui l'exploite a confisqué sa ferme à son père. A la mort de sa mère, Asfour décide d'aller tenter sa chance ailleurs. Rien n'est moins aisé. Dès le départ, il se fait dépouiller du peu qu'il possède par des bandits de grand chemin. Et pourtant... malicieux et intelligent, Asfour persuade une femme de lui donner vêtements et cheval. Dans un hammam de Tunis, il est encore la proie d'un voleur. Mais là encore, c'est une femme, Jerâda, qui l'aidera et deviendra sa femme. Convaincu par  Jerâda, Asfour se fait devin pour gagner sa vie. Une gageure que l'ancien pauvre khammès relève avec succès. Sa bonne étoile veille et sa renommée se répand dans toute la ville jusqu'au palais du sultan. Si la chance lui sourit encore et toujours, malgré les doutes du vizir qui ne cessera de tester notre homme, Asfour, devenu le protégé du sultan après une ultime enigme relevée avec brio, retourne dans son douar (son hameau). Là, il se vengera du riche et cruel fermier.

Avec Asfour le devin, Boubaker Ayadi renoue avec un conte populaire tunisien qu'il raconte à sa façon en étoffant cette histoire qui nous plonge dans l'univers des contes traditionnels du Maghreb, où l'humilité et la sagesse gagnent toujours. On se délecte ici de la malice d'Asfour, des hasards bienheureux qui le sortent des situations les plus embarrassantes. Et au final, on se réjouit de la bonne tournure que prennent les chose ! Pour se mettre du baume au coeur. Dès 10 ans.

C.B.

Seuil jeunesse. 176 pages. 9 euros.     

13/05/2010

La voix derrière la porte

voix.jpgAu beau milieu de la nuit, Daze entend la voix de sa mère, décédée trois ans plus tôt d'un cancer. Ouf, pas un fantôme mais un vieux film de famille que son père projette dans le salon. Quelques temps après, elle l'entend de nouveau, dans le laboratoire de son père, qui enseigne l'ingénierie à l'Université et poursuit des recherches sur la robotique. Cette fois, ils sont tous deux en grande conversation. Pas de doute, la mère de Daze est de retour. Mais l'adolescente découvre très vite que cette voix venue d'Outre-Tombe est celle d'une tête de robot, qui ressemble étrangement à sa mère défunte. Une intelligence artificielle programmée par son père pour répondre à des questions basiques. Devant cette invention de haute technologie, Daze oublie peu à peu la réalité et noue avec cette machine des relations ambigües, entre dépendance et rejet. Enfermée dans sa souffrance - on connaîtra à la fin du livre les véritables circonstances du décès de sa mère - l'adolescente se perd dans son envie de retrouver sa mère. Elle ira même jusqu'à voler la machine de peur de la voir détruite par son père, alors qu'il vit une nouvelle histoire d'amour avec une collègue.

Jusqu'au bout, Rune Michaels nous tient en haleine dans ce roman psychologique, où rêve et réalité se mêlent. En choisissant d'écrire à la première personne, l'auteur se met dans la tête du jeune personnage et peu à peu nous entraîne dans l'inconscient d'un état psychique en souffrance.  Un roman ado angoissant et d'une grande habileté. Dès 13 ans.

C.B.

Casterman. 160 pages. 13 euros.

11/05/2010

Mahout

mahout.jpgSiddhârta, que l'on nomme Sid, un adolescent muet est vendu par ses parents à un cruel et avide haathi wallah (en langue hindi, celui qui fait profession des éléphants). Il va connaître le sort des kavadi, des quasi escalves, hommes à tout faire des mahouts, les dresseurs d'éléphants. Sid sera confronté aux maltraitances subies par les pachidermes loués pour des tournages de films, pour des défilés, pour des fêtes, qui souffrent le martyr, blessés par leurs lourdes chaînes et les coups d'ankus et de barres de fer. Quelques voix s'élèvent contre ces mauvais traitements, notamment celle du professeur Paresh, qui avec sa fille Priya et les bénévoles de son association se battent pour sauver les éléphants. C'est après un grave incident sur un tournage, que Sid s'enfuira pour rejoindre le Elephant Rejuvenation Camp, un camp mis sur pied par le professeur Paresh pour soigner les éléphants et enseigner aux mahouts une autre manière de traiter leurs bêtes. Là, Sid rencontre un vieux mahout, Ashoka, qui dresse ses éléphants avec amour et patience. Sid retrouve la parole en ayant révélé à Priya le secret qui le torturait. Des années plus tard, après une autre malheureuse expérience de mahout, Sid s'enfuit de nouveau avec son éléphant, cette fois loin des hommes. Il décide de vivre dans la forêt, tel le prince Siddhârta qui renonça à toute richesse et à tout honneur pour trouver la sagesse... Mais cette retraite ne durera pas et Sid trouvera le bonheur avec les éléphants et les hommes !

L'auteur Patrice Favaro livre dans Mahout un témoignage poignant sur le sort des éléphants en Inde. Captifs, ils sont maltraités par leurs mahouts, des hommes issus de milieux très pauvres, analphabètes, vivant dans des conditions misérables. C'est le destin de l'un d'entre, eux, Sid, que Patrice Favaro nous fait partager dans ce roman où se dévoile toute l'âme indienne. Une immersion très documentée - l'auteur s'y rend régulièrement -dans la complexe société indienne, terre de constrastes où se côtoient des traditions ancestrales et une grande modernité. Dès 13 ans.

C.B.

Editions Thierry Magnier. 208 pages. 10,50 euros.

07/05/2010

Anton

anton.gifAnton est un gentil petit garçon, très tendre, et presque comme les autres. A la suite d'un accident, où il s'est fait renversé par un tramway, il est paralysé de la main droite et est devenu bègue. Son cerveau touché, il n'arrive plus à dire "je" et parle de lui à la troisième personne. Ses parents le poussent à aller à l'école, pour qu'il fasse des progrès. Mais pas seulement. Anton vit dans une Allemagne où les Nazis ont pris le pouvoir et ont décidé qu'il y avait des êtres à supprimer : les juifs, notamment, et les handicapés, des bouches à nourrir qui ne servent à rien. Maltraité par ses camarades de classe endoctrinés, par des maîtres fanatiques, le jeune Allemand ne peut compter que sur l'amour des siens pour survivre. De jour en jour, la pression monte, le régime nazi se radicalise et la peur de voir leur fils "traité" comme on disait chez les Nazis pour ne pas dire "euthanasié", pousse les parents d'Anton à prendre une décision. Il sera conduit à la campagne où il sera considéré comme une bête avant d'être sauvé. 

Dans ce roman bouleversant, l'auteur allemande Elisabeth Zöller évoque la vie de son oncle Anton. Après de nombreuses recherches et l'aide de spécialistes de cette sombre époque, elle relate au jour le jour la montée de la haine envers les êtres considérés comme inférieurs, alors que les jeunes Allemands conformes au type aryen participent aux jeunesses hitlériennes et sont envoyés sur le front. Un récit historique poignant, qui aborde un pan tragique de l'histoire du IIIe Reich. Utile et tout en émotion. Dès 12 ans.

C.B.

Bayard. 216 pages. 10,90 euros.

06/05/2010

Le chant des orques

orques.jpgLa mère de Sofie est morte d'un cancer. Depuis, l'adolescente de 15 ans erre dans le cimétière juif de Berlin où elles aimaient toutes deux se promener. Son père, un photographe renommé, mais très absent, lui propose de partir avec lui en Amérique du nord pour le suivre dans un reportage sur la culture des Indiens Makah. Histoire de renouer la communication entre eux. Sur ces lointaines terres indiennes, à Neah Bay, dans la péninsule Olympic de l'Etat de Washington, Sofie tombe amoureuse de Javid Ahdunko, un jeune Indien, qui a perdu son père, un pêcheur noyé au cours d'une sortie en mer. Avec Javid, l'ado allemande, qu'il surnomme "Copper" (cuivre en anglais) parce qu'elle a les cheveux roux,  va peu à peu retrouver le goût à la vie. Elle découvrira les traditions et les légendes indiennes, participera à la fabrication d'un canoë pour la grande fête de la tribu, et fera connaissance avec une famille d'orques. Les deux amoureux affronteront même une tempête et la menace d'une terrible marée noire. 

Un roman "écolo" à l'atmosphère singulière, foisonnant de précisions sur les Indiens Makah, la région de la péninsule Olympic et les moeurs étranges des orques, ces baleines aux dents acérées à l'incomparable chant, doublé d'un voyage initiatique d'une ado en mal de vivre, signé par l'auteur allemande Antje Babendererde. Passionnée par la culture indienne, l'auteur mêle récit à portée ethnologique et premières amours.  Dès 12 ans.

C.B.

Bayard jeunesse, collection Millézime.  390 pages. 11,90 euros.

04/04/2010

La vache tombée du ciel et autres faits divers incroyables mais vrais

vache.jpgEn 2002, après les inondations qui ont touché le Gard, des enfants trouvèrent des tas de paquets de bonbons sur les rives de la rivière Alzon, des paquets que l'eau avait emportés depuis les entrepôts de l'usine Haribo. En 1925, un homme arnaqua un riche ferrailleur en lui faisant croire que la tour Eiffel était à vendre ! Un président de la République, tombé d'un train de nuit, se retrouva à frapper à la porte d'une maison, vêtu de son pyjama déchiré... ces faits divers, et bien d'autres figurent dans l'amusant album de Michel Piquemal et Patrice Cartier, illustré en noir et blanc avec beaucoup d'humour par Bruno Salamone. Dans La vache tombée du ciel et autres faits divers incroyables mais vrais, les auteurs ne sont pas allés chercher bien loin leurs histoires abracadabrantes, cocasses, surprenantes, dingues... mais dans les actualités d'ici et d'ailleurs, d'aujourd'hui et d'hier. Aussi farfelues et incroyables sont-ils, ces faits divers se sont bel et bien déroulés. Présentées sous forme de "brèves", comme on dit dans le jargon journalistique, ou de petits articles, classés par catégories dans une mise en page très chargée, comme dans les bons vieux canards, ces infos-là valent bien qu'on s'y attarde. Pour rire et surtout pas pour pleurer ! Dès 10 ans.

C.B.

Albin Michel. 64 pages. 9,50 euros.

17/03/2010

Le Pouce de l'ingénieur

pouce.gifA l'aube, un ingénieur hydraulique, Victor Hatherley, se rend chez le docteur Watson, à présent marié, revenu à la médecine civile. Le jeune homme vient faire soigner sa main, dont on a sectionné le pouce lors d'une mésaventure pour le moins étrange. Le docteur Watson le conduit chez son cher Holmes pour éclaircir cette affaire. Dans le salon du célèbre enquêteur, M. Hatherley raconte alors ce qui lui est arrivé pendant la nuit. Il avait été recruté par un homme, l'inquiétant colonel allemand Lysander Stark, qui lui propose 50 couronnes pour réparer, de nuit, une presse hydraulique, qui lui sert à excaver de la terre à foulon. En échange, l'ingénieur doit faire preuve d'une totale discrétion. Victor Hatherley accepte et prend le dernier train pour Eyford. Il doit ensuite monter dans un fiacre pour se rendre dans la maison où se trouver la presse. Une maison obscure et délabrée, dans laquelle il rencontre un autre homme, le secrétaire du colonel et une femme inquiète qui lui conseille discrètement de partir. Une fois à l'intérieur de la presse, l'ingénieur découvre la croûte d'un dépôt métallique, et comprend que ces hommes-là se livrent à une toute autre activité que l'excavation de terre à foulon... mal lui en prend : le colonel décide de le tuer, et Victor Hatherley s'en sortira avec -seulement- un pouce sectionné. Son récit terminé, l'ingénieur en compagnie du fameux détective, de son fidèle docteur Watson et de la police, retourne sur les lieux du drame. Et l'enquête révélera le pourquoi du comment de cette étrange affaire.

Paru dans la collection Voyage en page chez Gallimard jeunesse, (à petit prix !) Le Pouce de l'ingénieur, enrichi de quelques illustrations noir et blanc style BD d'Erwann Surcouf, se lit d'une traite. On ne se lasse pas des aventures du célèbre détective, dont le suspens, l'écriture fluide, séduisent toujours autant. Un bon polar qui se termine par une douzaine de pages jeux pour se plonger de nouveau dans l'univers de cette nouvelle. Une chouette formule pour ne pas s'ennuyer lors d'un voyage en train ! Dès 11 ans.

C.B.

Gallimard jeunesse. 96 pages.  2,50 euros.

06/03/2010

Libérer Rahia !

rahia.jpgQuand le père de Blandine annonce à sa fille et sa femme qu'ils quittent le Maroc pour retourner vivre à Paris, l'adolescente propose d'emmener Rahia, la fille de la cuisinière. La jeune Marocaine pourra ainsi aller à l'école, et vivre une autre vie que celle de ses pauvres parents. Mais la mère de Blandine, habituée à mener une vie de grande bourgeoise, a un tout autre projet en tête. Rahia lui servira de bonne. Dans l'appartement cossu d'un quartier chic parisien, l'adolescente de 13 ans est reléguée dans le débarras. Elle passe ses journées à travailler, sans être payée, et n'a pas le droit de sortir. Effrayée par les menaces de madame Audric, Rahia accepte son sort. Le père de famille, lui, n'ose pas contredire sa femme, et Blandine, pourtant révoltée par ce qui se passe, ne dit rien. Par lâcheté et honte. Il faudra l'amitié - et l'amour ... - de deux garçons de l'immeuble, Antoine, le fils de la concierge, et David, celui d'un couple de grands avocats, pour que l'adolescente prenne conscience que Rahia est devenue une esclave moderne et que cette situation ne peut durer.

Avec Libérer Rahia ! Yaël Hassan, dont on avait adoré le succulent Cutty boy (lire chronique dans Les P'tits lus), aborde le sujet de l'esclavage moderne, tel qu'il existe notamment en France. L'auteur se met dans la peau de Blandine, Antoine et David, pour écrire ce roman à trois voix, où chacun apporte sa sensibilité et son vécu. Avec simplicité et humanisme, Yaël Hassan amène les lecteurs à s'interroger sur la différence entre dénonciation et nécessité de signalement quand les droits des personnes ne sont pas respectés. Dès 12 ans.

C.B.

Casterman. 140 pages. 8 euros.       

20/02/2010

Petite Audrey

petite audrey.jpgAudrey et ses trois jeunes soeurs - qu'elle appelle les trois petits cochons car elles ont toujours faim - vit dans une des baraques d'une cité minière isolée, Jewell Valley, au sud ouest de la Virginie. L'ado se demande d'ailleurs bien pourquoi son père, mineur, et sa mère ont continué à faire des bébés, alors que la nourriture manque. Les soeurs auraient dû être cinq. Elisabeth Gail est morte à l'âge de 7 mois, il y a 4 ans de ça. Et la mère d'Audrey est hantée par ce souvenir. Parfois elle est comme absente, l'esprit au loin. Audrey prend alors le relai et s'occupe de ses soeurs. Si la famille ne mange pas toujours à sa faim, ce n'est pas seulement à cause du manque d'argent. C'est aussi parce que la père dépense ses tickets de ravitaillement en beuverie. Et quand il est trop soûl, il peut être violent. Dans la vie de misère d'Audrey, il y a heureusement les amis, Virgil, et ses bons mots, Hazel et ses questions déroutantes... et l'institutrice que tout le monde adore, mademoiselle Stairus. Comme partout, il y a les gosses moqueurs et provocateurs. Là, ce sont Ron Keith et Thurman qui surnomment Audrey "Nénette squelette" et son copain "la tapette". Ces mauvais garçons ont toujours des paris à lancer et le dernier qu'ils ont trouvé est plus que dangereux...  L'espoir est bien loin de cette petite communauté, qui essaie de vivre tant bien que mal. Il viendra lorsqu'un drame touchera la famille d'Audrey... Son père meurt d'un accident de la route.
Dans ce roman, l'Américaine Ruth White se met dans la peau de sa soeur aînée, pour raconter le quotidien de sa famille, en 1948. Une famille très modeste, où l'on se racontait beaucoup d'histoires et on lisait. Ruth s'en est sortie en devenant enseignante en Caroline du nord. Elle revient sur son passé dans ce récit poignant. On est ici bien loin de la Petite Maison dans la Prairie ! Dès 13 ans.

C.B.

Thierry-Magnier. 128 pages. 10 euros.

16/02/2010

La guerre de l'ours

ours.gifClotilde est une petite Parisienne à la santé fragile, qui, pour les vacances scolaires, s'installe dans sa maison de village, au coeur des Pyrénées. Son grand ami c'est Baptiste, fils de bucheron et petit-fils de berger. Tous les deux s'adorent. Et la fillette a même conquis le coeur bourru du grand-père Octave. Mais voilà que la question de la réintroduction d'une ourse dans les Pyrénées, Slova, va semer la discorde dans la vallée, entre les pro-ours et les anti-ours. La famille parisienne du côté des premiers, les bergers et la plupart des montagnards farouchement opposés à ce retour d'un animal sauvage qui, par le passé, a causé pas mal de dégâts dans les troupeaux. Ces histoires d'attaques sanglantes, Baptiste les connaît bien. Mais Clotilde ne le prend pas au sérieux. Les deux enfants se disputent, et Clotilde préfère retourner à Paris où elle tombe bien malade. Pour la soigner, sa mère la ramène dans les Pyrénées. Un soir, alors que Baptiste a décidé de régler son compte à Slova, Clotilde le suit dans la montagne. Tous deux affronteront l'ours, et se retrouveront...

Avec La Guerre de l'ours, l'auteur Marie-Claude Bérot, installée dans les Pyrénées, à qui l'on doit notamment L'heure du renard (lire chronique dans Les P'tits lus) plonge le jeune lecteur dans son univers, et soulève une question d'actualité, la réintroduction de l'ours en France. Comme dans L'Heure du renard, elle joue sur la rencontre entre deux enfants de culture différente, l'un élevé à la montagne, l'autre dans une ville, et l'on sent bien que pour cette montagnarde à la fine plume, il n'y a rien de mieux que le bon air ! Dès 10 ans.

C.B.

Castor Poche. 99 pages. 4,70 euros.