17/11/2009
Kaspar, le chat du Grand hôtel
Tout a commencé à l'hôtel Savoy de Londres, où Michael Morpurgo était invité en résidence d'écrivain. Là, la sculpture d'un chat noir l'intrigue, et de cette rencontre, le grand auteur britannique invente l'histoire de Kaspar. Avec sa plume talentueuse, Michael Morpurgo nous plonge dans le Londres du début du siècle dernier. Un jeune groom orphelin, Johnny Trott, travaille au Grand hôtel. Il croise les pas de la riche comtesse Kandinsky, une célèbre et originale diva. Elle demande au jeune garçon de s'occuper de son chat qu'elle vénère, le prince Kaspar. Sur cette femme d'un autre monde, Johnny projette peu à peu l'image de la mère qu'il n'a jamais eue. Mais un tragique accident les sépare et le groom se fait un devoir de s'occuper du chat, et de le cacher dans sa chambrette de l'hôtel pour ne pas être renvoyé. Grâce à lui, le jeune garçon découvre l'amitié en la personne d'une espiègle américaine, Elisabeth Stanton, dont l'amusement favori est de se cacher, au grand désespoir de ses parents. Le jeune groom lui sauvera même la vie, sur le toit de l'hôtel. Un épisode courageux qui lui vaudra la reconnaissance des riches parents de la fillette. Vient le temps du retour à New York, et la petite famille s'embarque sur le Titanic, sans savoir que Johnny a lui aussi décidé de monter en passager clandestin sur le paquebot le plus célèbre de l'époque. Repéré, il travaillera d'arrache pied dans la salle des machines pour payer son voyage. C'est alors qu'arrive la catastrophe que l'on connaît tous : le paquebot heurte un iceberg et le Titanic sombre dans les eaux glaciales de l'Antarctique. Johnny fera preuve une nouvelle fois d'un grand courage, et deviendra l'enfant de cette heureuse famille américaine.
Michael Morpurgo réussit comme dans Plus jamais Mozart (lire chronique dans les P'tits lus) à relier la petite histoire et la grande histoire, à travers le vécu d'un jeune garçon. Il traduit avec une grande sensibilité les caractères de ses personnages. On s'attache aisément au jeune groom, à la comtesse, la drôle de petite fille riche et bien sûr au chat, par qui tout arrive. L'atmosphère de la vie quotidienne dans un grand hôtel, tout comme les derniers instants du Titanic, sont particulièrement bien étudiés et les aquarelles de son fidèle Michael Foreman nous font revenir avec délices dans les années 1900. Dès 8 ans.
C.B.
Gallimard jeunesse. 208 pages. 12,50 euros.
06:03 Publié dans Les P'tits lus, côté kids | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : titanic, amitié, orphelin, chat, angleterre
05/05/2009
Cutie boy
C'est un Tanguy rêveur et poétique. A 25 ans passés, Alexander Barnie Chesterfield, seul héritier de la très honorable lady Ruth Mary Charlotte Chesterfield, n'est pas pressé de quitter Flowerstone manor. Dans ce manoir en bord de mer, il coule des jours heureux, aux côtés de son seul ami, Winston C. un setter irlandais neurasthénique. Ses passe temps favoris sont le cerf volant, la peinture sur coquillage ou encore la viole d'amour, instrument dans lequel il excelle. Chaque nuit, avant le lever du jour, le jeune aristocrate anglais se livre à un rite secret : il monte sur la falaise, nu comme un ver, et lance une bouteille à la mer, toujours avec le même message d'amour à celle que le destin lui accordera... Cette vie solitaire et ultra protégée ne peut plus durer. Sa mère l'envoit travailler à Londres, au ministère des affaires étrangères. Affecté au service d'archivages des articles de presse, notre doux rêveur découvre que le monde est loin d'être aussi paisible que l'univers dans lequel il a grandi. Il fait aussi connaissance avec la sensualité, en la personne de Dolorès, qui trouve cet Alex décidément très "cutie" (craquant)... Mais c'est en retournant chez lui, toutes les fins de semaine, qu'il rencontrera l'âme soeur, une fille aussi étrange que ce grand enfant qui ne voulait pas grandir.
Dans ce roman pour ado (et adulte !) réédité, l'auteur jeunesse Yaël Hassan s'amuse avec nos souvenirs d'enfant lecteur. Au détour d'une phrase sont évoqués Mary Poppins, la famille Adams, les quatre filles du docteur March, venus se nicher là, autant de clins d'oeil à notre culture enfantine commune. Quand Alexander joue au cerf volant à Londres, c'est forcément dans Kensington gardens, là où tout a commencé pour Peter Pan. La mystérieuse Alice Douglas, dont il tombe amoureux, est forcément blonde et vêtue d'une robe bleue, comme une autre fameuse Alice... L'humour so british de Yaël Hassan, l'exquise excentricité d'Alexander en feront craquer plus d'un ! Dès 12 ans.
C.B.
Casterman. 165 pages. 13 euros.
06:00 Publié dans Les P'tits lus, le coin des ados | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : angleterre, lord, humour
27/03/2009
Le crime parfait
Fabienne Jay, de la bibliothèque jeunesse de la médiathèque Carré d'Art à Nîmes.
Dylan Hugues vit avec sa famille à Manod, un petit village anglais qui détient le record de la plus forte pluviométrie et le record du plus faible taux de criminalité de tout le Royaume Uni. Son père pense, d’ailleurs, que ces deux facteurs sont liés. Dylan tient le registre d’essence du garage familial. Avec ses sœurs et son petit frère, ils forment une véritable équipe. Mais, les clients se font rares. Alors, pour survivre aux lourdes dettes, toute la famille invente des solutions : vendre des pizzas, du café , des journaux. A Manod, il ne se passe rien. Un jour, un homme mystérieux se présente au garage pour faire le plein. Dylan est à ses soins. Cependant, une de ses poules salit la carrosserie. Elle s’appelle Michelangelo .Toutes les poules de Dylan portent le nom d’une tortue Ninja comme Raphaël, Tintoret, le nom de peintres de la Renaissance italienne ! Et, l’histoire démarre sur un quiproquo. M. Lester, conservateur d’Art pense que Dylan est un génie. Il vient stoker les œuvres de la National Gallery de Londres dans l’ancienne carrière dans le plus grand secret. Il invite les habitants à les regarder. Chacun réagit différemment. Le contact de ces tableaux transforme le destin des habitants de Manod. Avec beaucoup d’humour, l’auteur invite à découvrir les merveilles de la peinture. Il porte un regard intéressant sur l’art et son impact dans la vie. Dès 10 ans.
Cottrel Boycel, Frank. Le Crime parfait. Gallimard Jeunesse, 2007. 315 pages. 12,50 euros.
06:00 Publié dans Les P'tits lus, coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : peinture, mystère, humour, angleterre




