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09/03/2012

Guidée par mon pinceau

guidée.jpgLa fillette guidée par son pinceau, c'est Dulari Devi, l'artiste qui a illustré ce bel album. C'est en effet son histoire que raconte Gita Wolf d'après le récit de Dulari Devi. Celle qui est aujourd'hui une représentante célèbre de l'art Mithila, est née dans une famille très pauvre. N'étant jamais allée à l'école, elle travaillera comme domestique, à faire la vaisselle. Jusqu'au jour où la chance lui sourit. Elle est employée par une artiste qui l'initie à la peinture. Voilà comment une jeune femme partie de rien a pris son envol. Une artiste à qui l'on doit les très beaux dessins de cet album biographique destiné aux jeunes lecteurs. Ils découvriront des scènes de la vie quotidienne de l'enfance de Dulari Devi, peintes avec une grande finesse. Dès 5 ans.

C.B.

Syros. 32 pages. 14 euros.

19/02/2011

Broken Glass

inde,chiffonniers,frères,vols,survieSuresh, 12 ans, et son petit frère Sandeep, 9 ans, vivent dans un village de la campagne indienne, entre une maman aimante, une grand-mère acariâtre et un père distant. En comparaison d'autres gamins de la campagne, ils ont la chance d'aller à l'école et de manger à leur faim. Mais voilà que tout s'écroule quand leur père, employé des chemins de fer, perd son travail. Il devient alcoolique et violent. Suresh décide alors de partir de cet enfer, et emmène avec lui son jeune frère. Après un long voyage, les deux enfants se retrouvent dans une grande ville, où ils croient pouvoir refaire leur vie. Ils vont vite déchanter et se retrouver parmi les gamins des rues. Leur nouvelle maison est ce qu'ils nomment une île, au centre d'un rond point de circulation. Pour survivre, ils deviennent chiffonniers et comptent sur leurs nouveaux amis, une bande de garçons qui comme eux doivent se débrouiller seuls. Chaque jour, ils trient les ordures, travaillant dans la puanteur et la saleté. Entre la violence de certains policiers, les vols, les arnaques, les deux frères apprennent la dure loi de la rue et ses pièges. C'est l'honnêteté de Suresh qui sauvera les deux enfants...

En lisant ce roman de l'anglaise Sally Grindley, on pense au film Slumdog Millionnaire, adapté au cinéma en 2008. On y croise les enfants des rues dans une Inde à double vitesse, où l'extrême pauvreté côtoie la richesse, où la violence est omniprésente. Sally Grindley ne nous épargne ni la réalité des taudis, ni celle des montagnes d'immondices, de l'hygiène inexistante, de la pollution, mais termine son récit dans un happy end réjouissant. Un voyage initiatique réaliste dans l'Inde d'aujourd'hui. Dès 12 ans.

C.B.

Père Castor, Flammarion. 320 pages. 11 euros.

09/01/2011

Contes du Vent d'Est

Après une première partie proposant sept histoires tirées des Mille et une Nuits, de contes juifs, ou très anciens, Catherine Zarcate, pionnière du renouveau des contes, fait revivre quelques-uns des 23 récits enchâssés de l'Océan des rivières des contes, de l'Indien Somadeva, qui les écrivit  au 11e siècle à l'intention du roi Ananta, dans une langue sobre et claire, très élégante. L'oeuvre de ce brahmane kashmirien comprend 350 histoires groupées en 18 livres et est considérée comme l'un des chefs- d'oeuvre de la littérature sanskrite classique. Un roi courageux, auquel un moine mendiant demande de venir le rejoindre la nuit dans un cimetière, réussit à répondre aux énigmes que lui pose un vampire. Si bien, qu'il en fera son allié et comprendra que le moine mendiant est un magicien noir qui a besoin du sang d'un roi pour augmenter l'empire qu'il a sur les esprits du monde infernal...

Des histoires, à lire à haute voix ou pas, où contes.jpgl'intelligence, la malice, le courage, la persévérance réussissent toujours à donner un sens au cours des choses. Un plaisir subtile à partager, avec quelques siècles de distance, accompagné par les délicates aquarelles d'Irène Bonacina.

La collection Paroles de conteurs chez Syros, dans lequel sont parus ces Contes du Vent d'Est, oeuvre pour la transmission des contes oraux et s'ouvre aux conteurs contemporains.

Dès 8 ans.

C.B.

Syros. 221 pages. 19, 90 euros. 

11/05/2010

Mahout

mahout.jpgSiddhârta, que l'on nomme Sid, un adolescent muet est vendu par ses parents à un cruel et avide haathi wallah (en langue hindi, celui qui fait profession des éléphants). Il va connaître le sort des kavadi, des quasi escalves, hommes à tout faire des mahouts, les dresseurs d'éléphants. Sid sera confronté aux maltraitances subies par les pachidermes loués pour des tournages de films, pour des défilés, pour des fêtes, qui souffrent le martyr, blessés par leurs lourdes chaînes et les coups d'ankus et de barres de fer. Quelques voix s'élèvent contre ces mauvais traitements, notamment celle du professeur Paresh, qui avec sa fille Priya et les bénévoles de son association se battent pour sauver les éléphants. C'est après un grave incident sur un tournage, que Sid s'enfuira pour rejoindre le Elephant Rejuvenation Camp, un camp mis sur pied par le professeur Paresh pour soigner les éléphants et enseigner aux mahouts une autre manière de traiter leurs bêtes. Là, Sid rencontre un vieux mahout, Ashoka, qui dresse ses éléphants avec amour et patience. Sid retrouve la parole en ayant révélé à Priya le secret qui le torturait. Des années plus tard, après une autre malheureuse expérience de mahout, Sid s'enfuit de nouveau avec son éléphant, cette fois loin des hommes. Il décide de vivre dans la forêt, tel le prince Siddhârta qui renonça à toute richesse et à tout honneur pour trouver la sagesse... Mais cette retraite ne durera pas et Sid trouvera le bonheur avec les éléphants et les hommes !

L'auteur Patrice Favaro livre dans Mahout un témoignage poignant sur le sort des éléphants en Inde. Captifs, ils sont maltraités par leurs mahouts, des hommes issus de milieux très pauvres, analphabètes, vivant dans des conditions misérables. C'est le destin de l'un d'entre, eux, Sid, que Patrice Favaro nous fait partager dans ce roman où se dévoile toute l'âme indienne. Une immersion très documentée - l'auteur s'y rend régulièrement -dans la complexe société indienne, terre de constrastes où se côtoient des traditions ancestrales et une grande modernité. Dès 13 ans.

C.B.

Editions Thierry Magnier. 208 pages. 10,50 euros.

11/02/2010

Devî, le bandit aux yeux de fille

devi.jpgDevî et sa soeur Shalini vivent pauvrement dans un village reculé de l'Inde des années 1980. Elles ne connaissent rien de la société moderne, ni des villes d'où viennent parfois des camions passant sur la grande route. La première, rebelle, s'est échappée de chez son mari, qui ne lui plaisait pas. Depuis sa famille est la risée de tout le village et Devî a une mauvaise réputation. Shalini, elle, rêve d'un beau mariage, comme celui qu'elles observent un soir en cachette dans le palais du seigneur Babu. Parce que les castes inférieures n'ont pas le droit de regarder les maîtres, le seigneur thakur punit les jeunes filles en les humiliant. Devî prend alors la décision de s'enfuir pour que sa famille vive en paix et que sa soeur trouve un époux. La jeune fille rebelle rencontrera des bandits de grands chemins, dont Vikram, leur jeune chef, qui plus tard rentrera dans le rang et épousera Shalini. Protégée par la déesse Durgâ, Devî, elle, deviendra la reine de ces bandits et se vengera du seigneur thakur. Devî trouvera aussi l'amour auprès d'un jeune homme de haute caste, Singh. Intelligent et éclairé, ce fils de riche propriétaire terrien, entré dans la police, rêve d'égalité entre les Indiens. Il décide alors de parler à Indira Gandhi, premier ministre d'alors, en faveur des bandits. Devî acceptera de purger une peine de prison pour sortir enfin libre.

Cette histoire, inspirée de la vraie vie de Devî, reine des bandits, soulève la question de l'inégalité des castes en Inde, qui perdure aujourd'hui, des traditions sclérosantes de cette société hindouiste. La vraie Devî, apprend-on en fin d'ouvrage, est devenue députée et s'est battue pour défendre les basses castes. Mais elle a été assassinée en 2007, par un thakur, homme de la haute caste des guerriers.  Ecrit d'une plume alerte par Christel Mouchard, Devî, bandit aux yeux de fille, réussit à plonger le lecteur dans l'Inde contemporaine, un pays de contrastes s'il en est, où la modernité et la richesse côtoient la plus grande misère. Dès 13 ans.

C.B.  

Flammarion. 360 pages. 13 euros.  

23/11/2008

La flûte prodigieuse

la_flute_prodigieuse_.pngAvec La flûte prodigieuse, Agnès Bertron-Martin nous plonge dans une Inde fantasmée, où les flûtes peuvent être magiques, les statues se transformer en serpents et les oiseaux aider les hommes. Là, il y a bien longtemps, semble-t-il, Shanti le potier et Ananda le musicien se lient d'une amitié indestructible autour d'une flûte prodigieuse. Un voleur sans scrupule se mettra sur leur chemin... ouf ! tout est bien qui finit bien !  Ce conte d'un ailleurs mystérieux, sorti de l'imagination de l'auteure lyonnaise, est sublimé par les illustrations d'Eric Puybaret. Son coup de pinceau subtil donne un charme particulièrement envoûtant à ce récit des Mille et une nuits aux pays des Mahradjas. Cette flûte-là nous enchante ! Les jeunes lecteurs devraient en apprécier l'atmosphère mystérieuse et la fin heureuse.

Editions Flammarion, coll. Père Castor (32 pages). 13 euros.