13/05/2010
La voix derrière la porte
Au beau milieu de la nuit, Daze entend la voix de sa mère, décédée trois ans plus tôt d'un cancer. Ouf, pas un fantôme mais un vieux film de famille que son père projette dans le salon. Quelques temps après, elle l'entend de nouveau, dans le laboratoire de son père, qui enseigne l'ingénierie à l'Université et poursuit des recherches sur la robotique. Cette fois, ils sont tous deux en grande conversation. Pas de doute, la mère de Daze est de retour. Mais l'adolescente découvre très vite que cette voix venue d'Outre-Tombe est celle d'une tête de robot, qui ressemble étrangement à sa mère défunte. Une intelligence artificielle programmée par son père pour répondre à des questions basiques. Devant cette invention de haute technologie, Daze oublie peu à peu la réalité et noue avec cette machine des relations ambigües, entre dépendance et rejet. Enfermée dans sa souffrance - on connaîtra à la fin du livre les véritables circonstances du décès de sa mère - l'adolescente se perd dans son envie de retrouver sa mère. Elle ira même jusqu'à voler la machine de peur de la voir détruite par son père, alors qu'il vit une nouvelle histoire d'amour avec une collègue.
Jusqu'au bout, Rune Michaels nous tient en haleine dans ce roman psychologique, où rêve et réalité se mêlent. En choisissant d'écrire à la première personne, l'auteur se met dans la tête du jeune personnage et peu à peu nous entraîne dans l'inconscient d'un état psychique en souffrance. Un roman ado angoissant et d'une grande habileté. Dès 13 ans.
C.B.
Casterman. 160 pages. 13 euros.
06:00 Publié dans Les P'tits lus, le coin des ados | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : robot, souffrance, décès
02/05/2009
L'ogre de Silensonge
Laurence Gaidan, secteur jeunesse de la médiathèque Simone Veil, 4 rue de la Travette, Marguerittes. Tél 04 66 75 22 56.
Au royaume de Silensonge vit un ogre pas comme les autres. Un ogre qui ne mange qu’un petit bout de cœur des enfants et qui les menace de les manger tout entier s’ils parlent… alors ils se taisent et s’enferment dans leur souffrance.
Mais un jour, un enfant bien plus bavard que les autres, Lélio, arrive, et quand lui aussi se tait, les adultes enfin s’interrogent, et comprennent.
Une allégorie de la pédophilie qui fait comprendre aux enfants l’importance de parler de ce qu’ils ont vécu ou ce dont ils sont témoins, qui déculpabilise les victimes.
L’illustration reste très colorée et enfantine malgré le drame enfoui. Elle prend le contrepied du thème et montre à quel point nous pouvons nous leurrer et passer à côté de la douleur des enfants dans ces cas-là. A aucun moment le vocabulaire de la pédophilie n’est exprimé et pourtant l’album, de Véronique Massenot et Eva Offredo, est limpide. Peu d’ouvrages sur ce thème sont aussi bien conçus pour les enfants de cet âge (5-6 ans).
Editions Gautier-Languereau, 2004. 12,50 euros.
06:05 Publié dans Les P'tits lus, coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pédophilie, silence, souffrance, parole




